Thaïlande

« Who ever lov’d, that lov’d not at first sight ? » Shakespeare, As you like it, III

A Bangkok, Nana Plaza surnommé la plus grande place pour le divertissement adulte est à elle seule un Las Vegas spécialisé dans la chair. La cupidité exploitant la concupiscence et la concupiscence exploitant la cupidité. C’est une maison close à ciel ouvert, un bordel chaotique, un lupanar rempli de louves, maison de tolérance pour fanatique, le dérèglement même de la débauche. Dans les passages des doigts vous tatent le dos comme on tate la chair pour attirer votre attention, je remarque pour la première fois qu’un dos peut être aussi sensible au toucher. Il y a quand même une seule règle à respecter, la prohibition de la pédophilie.

Une peau lisse, des seins, des jambes, des fesses, la voix, tout son physique est féminin mais tous ne sont que des leurres. « Je ne crois que par ce que je vois » est un leurre. Ce n’est pas une illusion optique car il y a du vrai mais le vrai est tellement bien falsifié que même un douanier s’y tromperait. Ce corps est une construction factice de la chirurgie pour une motivation esthétique. Alors que la mutation en amont est une adaptation à l’environnement, ici c’est une mutation en avale, éphémère, pour s’adapter à l’artificiel de cette société. Quand on est trop dicté par sa vue, on est toujours aveuglé. De même des autres sens et perceptions, tout contact avec le réel est un leurre s’ils ne passent pas par le filtre de la pensée. C’est le plus grand entrepôt de contrebande des formes féminines.

Les ladyboys, ce sont des hommes qui se changent en femme pour gagner leur vie, un peu par cupidité aussi. Beaucoup de chirurgies pour une transformation physique méconnaissable. A la limite je pourrais accepter la recherche du beau, parce que le beau sexe n’est pas l’homme mais se trouve uniquement chez la femme, et vous savez bien que nous sommes gouverner dans une société du beau, de l’image, de l’apparence. Le ladyboy est un usurpateur du beau sexe. Puisque le beau est uniquement féminin, ces boys se font acquérir la grâce d’un corps de lady qui n’est pas la leur, ces tentatives chirurgicales et autres camouflages matériels qui même s’ils trouvent une part de satisfaction, conduisent au final à une dénaturation. La différence avec un LGBT est que les ladyboys font pour le commerce alors qu’un LGBT le fait pour affirmer une identité afin de mieux correspondre à sa mentalité, et si le corps et l’esprit pouvait mieux s’harmoniser c’est le bénéfice de la consolidation d’une identité personnelle, donc d’une meilleure stabilité dans le temps.

Dans un monde de paix la virilité est comme un encombrement, les ailes de l’albatros.

Tous les hommes attestent qu’après avoir été trompé par un ladyboy, le doute leur assaillis toujours à la rencontre d’une vraie femme. Choc psychologique irésiliençable.

Embrasser une femme qui sentait l’odeur de cigarette dans sa bouche, un goût et une impression d’embrasser un homme. Je n’ai pas l’impression que c’est moi qui l’embrassait ni nous, mais c’est elle qui m’embrassait. Elle avait biensur du parfum mais l’ordeur du tabac l’avait comme dévoré. Même si c’est la plus belle femme au monde, miss univers, embrasser une femme qui sent la nicotine a quelque chose d’homosexuelle quand vous entrez dans une relation charnelle. Ça ne m’empêchait pas de continuer. Non pas parce que une femme qui fume est un homme mais la cigarette donne de la qualité masculine, c’est une consommation virile, c’est la raison pour laquelle le commencement du mouvement féministe s’est emparé de ce premier symbole masculin. L’odeur de la cigarette n’est pas un frein au sexe. Le féminisme est comme l’enfant imitant le père pour le tuer à la Brutus arrivé à l’âge adulte, la mère patrie est son unique famille.

Depuis la venu des japonais et chinois, ils ont fait grimpé les prix devenus inabordables pour les occidentaux, surtout les pays du nord très socialistes mais la France aussi, il n’y a que des français cadres et une population de banlieue qui s’est enrichie dans le cash. La prostitution tend toujours à une consommation de privilégiés. Vice qui a une attraction sur tous mais inabordable pour les pauvres. La pornographie est crée dans les démocraties pour combler les pauvres parce que la prostitution est trop cher. Un intellectuel répondait sur un forum pourquoi il est client par une citation de Shakespeare : « A force de toucher de l’ombre, ils n’ont que l’ombre du plaisir ».

Relation tarifiée, même en sachant toute l’immoralité, péché de concupiscence, une satisfaction illusoire, les gens consomment, comme le jeu d’argent, ceux qui jouent savent qu’ils vont perdre mais jouent quand même non pas pour gagner mais pour la sensation. En se disant qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, ils sont comme asservis par cette liberté même.

David Bekham est partout sur les affiches de pub en asie, stéréotype du représentant mâle de l’occident.

J’ai l’impression que plus c’est moins cher et plus je consomme plus, au final l’addition est plus salée que dans un pays où le coût de la vie est plus cher. Allé dans un pays comme la Thaïlande est comme faire les soldes ou promotions, plus c’est moins cher et plus on consomme pour qu’en fin de compte personne ne remarque qu’il en a dépensé encore plus qu’en période normal. Le plus étrange est que personne ne s’en plaignent et tout le monde est ravis d’avoir dépensé son argent comme il fallait le faire.

Un couple de deux backpackers français raconte la corruption du douanier lors de leur passage à la frontière terrestre Thailande vers Laos, ils ont résisté avec fierté pour économiser 5$.

Corruption de passage frontière terrestre des pays d’asie du sud-Est, des voyageurs français accusent de corruption les douaniers qui leur font payé plus que le prix réglementaire. Cette information de corruption est soulevée dans la majorité des livres de guide, Lonely Planet, Routard…le site de l’ambassade française affirme timidement une forme de corruption mais conseil à ses ressortissants que c’est un obstacle au visa, donc au passage s’ils ne se conformaient pas à la situation irrégulière. Pas d’information directement des autorités publiques du Laos, barrière de la langue, personne ne sait si les autorités sont au courant et ferment les yeux ou sont dans l’ignorance. Je pense que quand vous êtes à l’étranger il serait dangereux de rappeler la vertu de votre pays d’origine, l’occident, acte préjudiciable, d’autant que le dépassement du prix « réglementaire » est en général moins de 10%, il faudrait le voir comme l’équivalent du pourboire américain. Le fait est que ces voyageurs sont tellement pauvres qu’ils sont toujours dans l’économie de leurs dépenses et n’hésitent pas à s’embrouiller pour une bagatelle, biensur ils n’avoueront peut-être pas pour cette petite somme mais il est mieux de se voir en combattant de la corruption dans un pays plein de vices. Si on est à l’étranger, dans un pays corrompu, il faudrait s’adapter à la corruption et non chercher à la combattre, car en s’opposant à sa corruption, vous comprendrez trop tard que non seulement vous n’y pouvez rien, que vous allez finir par être broyé par une puissance dont vous n’êtes qu’une atome comparé à lui. Le jeu n’en veut pas la chandelle d’autant que cette corruption est indolore. C’est à sa population, à son état lui-même et aux institutions internationales d’en juger, de faire leur job ou pas.

Ceux qui veulent résister à cette corruption sont naïfs et orgueilleux d’eux-même, de leur pays, pensent avec un certain dédain et mépris de cette état étranger. Le douanier est un petit fonctionnaire au bas de l’échelle, il n’est pas un riche, ces petites sommes qu’il récolte l’aide à arrondire et mieux vivre les fin de mois. En France, le mouvement des gilets jaunes, l’augmentation des taxes et la perte du pouvoir d’achat, beaucoup de personnes sont sorties des règles pour vivre décemment et survivre car si être dans les règles ne vous permette plus de vivre, le smic salaire minimum légal ne peut plus subvenir aux besoins, c’est un droit naturel de sortir des lois pour la conservation de la vie.

A Chiang Rai l’achat du billet de bus Chiang Khong se fait uniquement le jour même, aucune réservation à l’avance n’est possible. L’habitude d’une société planifiée me rend phobique dès lors que je rencontre une situation non planifiée, pour l’hôtel, le transport routier, ferroviaire, aérien, c’est la peur de ne pas obtenir une place, payer trop cher, se retrouver dans une posture embarrassante, c’est le sentiment de devoir faire face à l’inconnu. L’immédiat me trouble, vivre le temps présent sans connaissance de l’avenir, carpe diem me trouble. L’habitude acquise est redoutable. Alors qu’en réalité il est ici plus avantageux de ne pas planifier, il est encore possible de vivre dans le présent. Le jour J dès le matin je commence à stresser, plus l’heure approche pour se rendre au guichet plus je sens monter l’adrénaline, l’achat d’un banale ticket de bus est une épreuve psychologique et gastrique.

Au marché les produits moins cher qu’en Chine, imitation du modèle de développement chinois. Beaucoup de pays d’asie rêvent d’un développement à la chinoise. La puissance japonaise dans la région, même si économiquement très présente pâtit de son image du grand méchant colonisateur de la seconde guerre. Et les gestes de pardon sont trop timides pour fermer les plaies. Contrairement en Europe où les allemands font même trop pour se faire pardonner, tout Berlin est un mémorial à ciel ouvert.

Les hommes viennent pour la prostitution, les femmes viennent pour la même excitation et plaisir procurée aux hommes : le shopping, son immensité de choix des centres commerciaux et marchés de toutes sortes à bas prix « The world biggest adult entertainment » paritaire. On me dira l’image de la femme stéréotypée, mais l’homme qui consomme la prostitution est également stéréotypé. Voilà l’équation à son équilibre.

Chiang Mai. « les plats traditionnels Lanna boudent les épices fortes et présentent un profit gustatif léger, parfois même sucré. Cette particularité trouve son origine dans la fertilité des terres du Nord et l’abondance des fruits et légumes, qui rendent caduque la technique consistant à épicer les plats pour inciter les enfants à préférer le riz ». Les régions où on mange épicé sont des régions peu fertiles, pauvres en nourriture, d’après l’article d’un blog, la nourriture pimentée était une astuce à l’origine pour détourner les enfants des plats et donc de consommer en priorité le riz. Au fil du temps les habitants ont perdus la cause de leur plat épicé, c’est entrée dans la culture et la normalité du goût même quand les pays se sont développés et donc enrichis. Et aussi une vertu curative, préventive contre les microbes.

Bar d’un genre nouveau, considéré comme de la prostitution mais tout est libre il n’y a aucune servitude. Beaucoup de femmes viennent pour vendre leur corps sans aucune consommation à l’intérieur parce qu’elles amènent les clients mâles qui eux sont obligés de prendre une consommation. Même règle d’un night club occidental. Il y a des femmes de toutes sortes mais généralement jeunes entre 20 et 35 ans. Elles ont tous un boulot régulier à côté, vendre leur corps ici n’est nullement une profession mais un passe-temps, un complément financier, un plaisir, un divertissement, une expérience, une rencontre. Elles savent ce qu’elles attendent, ils savent ce qu’ils cherchent. Donc la discution est courte. Plus la femme est jolie plus le prix est élevé mais le prix peut baisser selon l’attirance qu’elle porte à celui-ci. Mais il y a un prix minimum pour freiner et stopper des considérations physiques et affectives. Ce qui ne peut pas être gratuit est une condition qui exclue les femmes laides. Plus l’homme est beau, jeune, en bonne santé, plus il a des chances d’accéder à une partenaire convoitée. Il y a des femmes où quand elles n’aiment pas, augmentent le prix de 50%, la répulsion est quantifiée par un pourcentage sur le prix de base. Il est possible que l’argent se place au dessus d’un degré de réticence acceptable. Ce qui ressemble à la société extérieur, mais l’argent peut compenser la laideur physique du client et acheter la beauté, ce qui dans la société de la jeunesse actuelle est difficilement acceptable. C’est un établissement libéral où les partis en présence y trouvent leur compte. On pourrait contester d’exclure les pauvres et laids mais quelle société n’a pas déjà exclue ceux-ci, si ce n’est que c’est censuré d’en parler, ils vivent peut-être sans le savoir dans le puritanisme hypocrite. Alors ce bar est déjà dans une société quelconque.

Il est aussi possible d’acheter une relation de petite-amie pour la soirée sans sexe, seulement dans le cas où le client plait, dans ce cas vous vous promenez dans la rue la main dans la main, boire au bar, dîner au restaurant, des baisers. Le temps d’un couple modèle déjà mise en scène dans Pretty Woman. Et la soirée se termine, vous lui devez 2000 Baths parce que vous l’avez fait perdre son temps.

Chiang Mai, frontière historique avec la Birmanie, beaucoup de mouvements de population réciproque pendant des periodes troubles de persécution politique. Une histoire commune avec son voisin birman. Ouverture de frontière en 2013, facilité économique, culturelle, religieuse, sportive, relation étroite de par leur histoire faite de conquête territoriale réciproque. A la différence des relations troubles avec son voisin le Bangladesh, notamment l’éthnie Rohingya. Il y a un rejet de la part des birmans car il n’y a que des différences, rien de commun, dès le premier regard physique, la mésentente religieuse, les mœurs, coutumes, c’est un voisin pauvre où les birmans doivent subvenir à leur besoin.

Comme le pays fait chaud toute l’année, le marketing des boissons n’a pas trop besoin de forcer pour rendre l’addiction. L’eau est la dernière boisson qu’on pense à boire, on pense tout de suite à une boisson gazeuse, sucrée, acidulée, fermentée la bière. Ce qui me rend malade quelques jours après, gastrite, inflammation de la gorge. Mon corps ne supporte plus ces boissons à outrance mais comme je suis réceptif et pas complètement déconnecté des effets marketing, j’achète quand même de temps en temps une boisson gazeuse ou alcoolisée.

Chiang Mai. Plus sage, calme, tourisme de qualité, présence d’une diaspora chinoise, aimée des japonais pour ses qualités, peu de sexe, pas visible en tout cas, pas une ville de tourisme sexuel, plutôt de découverte. Des activités dans la nature avec pas mal d’excursions organisés par les nombreuses agences disséminées un peu partout dans la cité intra-muros.

Trekking le matin, tôt pour cueillir quelques rayons chauds. Deux nuits dans une auberge rudimentaire construite avec des bambous et usés par le temps. Toilettes turcs, seule difficulté mais surmontable : pour se laver, que de l’eau froide à s’asperger seul dans le froid de la nuit ou du matin.

Leçon d’un espagnol rencontré sur le trek : « Si tu veux apprendre l’espagnol va à l’école si tu veux le parler va en espagne ».

Chaud en randonnée, les membres des cibles d’appât pour les moustiques, il est naturel de préférer les manches courtes alors on se fait piquer. J’ai l’impression que le spray antimoustique n’est qu’un placébo ou efficace qu’à demi. Ou alors la moustique a muté…les espèces muteraient-elles comme les mises à jour informatique un jour ?

Je ne comprends pas cette tendance des cours de cuisine des hommes et des femmes de tout âge.

Ici le durian n’a pas d’odeur, j’en ai vu beaucoup mais sans avoir senti et sans gêne alors qu’en France un seul aurait suffit à saturer l’odorat.

Une seule race de chien partout, comme la population homogène dans laquelle elle est.

Dans les temples, bouddhas dorés, des vénérables moines haut gradé, physique d’ascète, médiocrement vêtu mais en statue paré d’or, c’est comme au festival de Cannes, plus les stars sont bling bling plus les films sociaux.

Chez le coiffeur, je lui dis une coupe simple, à la moine, monk, courte, même hauteur tous les côtés. Il me répond par des ouis, me fait même des signes de la tête qu’il a très bien compris. Au milieu de la coupe, il commence à servir de la peigne, puis arrête sa tondeuse pour les ciseaux. Du dégradé du bas vers le haut. J’ai dû le répéter quatre fois pour corriger ces complications, au final il m’a quand même fait du dégradé en arrière sans que je visse parce qu’il n’y avait pas de double glace. Je l’ai sentie au touché, c’était sans espoir que je sorti du salon. J’ai arrêté le massacre avant la fin car il était parti pour me faire des motifs de footballeur.

Et puis tant pis pourquoi devrais-je m’énerver c’est qu’une coupe de cheveux après tout, je suis devenu comme tout le monde, à surévaluer la valeur de mon charisme dans une coupe de cheveux.

Imbue de liberté, les occidentaux sont venus pour consommer de la déréglementation, pas de casque scooter, vélo dans tous les sens, hygiène médiocre dans la restauration de rue, transport rudimentaire, des bus délabrés roulants portes ouvertes. Sexe drogue alcool, même si la drogue est interdite et très sévèrement punie, il y a quand même des aventuriers.

Les gens sont prêts à sacrifier une partie de l’hygiène pour manger moins cher.

Ce sont les mêmes qui naguère pensaient apporter la civilisation, viennent maintenant non pas apporter la décivilisation mais en consommer. Un besoin, une satisfaction de retour en arrière. Il y a une uniformité dans chaque civilisation avancée, la diversité se trouve dans ceux qui n’avancent pas ou peu.

Je me suis laissé pousser la barbe, je peux me permettre c’est les vacances après tout. Une petite libéralité, enfin personne pour me contredire.

Ici toujours et partout des montagnes pour freiner l’avancée des hommes. Le vert contraste avec l’asphalte, royaume gris du roi mammifère.

3€ Bus de Chiang Rai au Friendship Bridge frontière terrestre pour quitter la Thaïlande, 2 min pour mettre son tampon, à la sortie, un bus de transit amène à la frontière d’entrée laosienne 5 min, formalité pour visa d’entrée 10min (30$, sans photo d’identité plus 5$, plus 1$ si week-end et en dehors de 8h à 16h) , à la sortie conduit à l’hôtel près du port 10min 2€. Depuis le port, slow boat de deux jours sur le Mékong de Huay Xai à Luang Prabang avec un arrêt à Pakbang pour dormir à l’hôtel.

Billet laosien vraiment gros, un billet de 10 000 kip est équivalent de 1€, pas de pièce, tout se fait en billet comme en Birmanie.

Toute la famille, père, mère, fils, fille, sur le scooter, une Renault espace.

Que ce soit ici ou en Asie du Sud-Est ceux qui prennent une semaine ou deux ne font qu’écourter leur séjour une fois sur place. Pas le temps de poser pour contempler mais dans une course pour accomplir un devoir culturel superficiel, comme Amstrong poser un pas puis repartir aussitôt contraint par les nécessités. Un pas pour l’homme, une perte pour l’humanité.