Mexique

L’abréviation pour désigner la capitale est CDMX pour Ciudad De Mexico, pour distinguer de MX pour Mexico le pays. En français pas de distinction à faire puisque c’est pas homonyme, la capitale est Mexico et le pays Mexique.

Présence de Huawai visible dès la descente d’avion, à la douane de l’immigration de sortie, les écrans d’information et de publicité sont Huawai, je pense qu’elles sont fournies gratuits en échange d’une grande visibilité de la marque, sponsoring.

Mexico, premières impressions, peu de personne la nuit, beaucoup de policiers un peu partout, les arrêts de bus sont comme des stations de métro avec tourniquet, sentiment d’insécurité la nuit.

Beaucoup plus riche et ouvert que Cuba, le contraste est grand après 2 semaines d’accès limité à internet sur l’île, le retour à Mexico du Wifi gratuit et des sites peu censurés est comme une liberté retrouvée. On ne peut pas se rendre compte de l’importance d’une liberté sans faire l’expérience de son absence. L’empathie de Mrs Dalloway de V. Wolf de faire éprouver la mort par un autre est incomplète si on n’a pas personnellement expérimenté, mais comme expérimenter la mort est impossible, l’empathie ne peut qu’être partielle.

Qu’on va en Amérique du Nord ou en Amérique du Sud il y a toujours la présence des Etats-unis, les produits de consommation, la musique, la langue, des touristes américains, ses voitures, affiches de cinéma…c’est le pays pivot dans la région. On sent une résistance forte d’une identité mexicaine et américolatine contre l’expansionnisme non plus territoriale mais économique et culturelle du pays dominant.

Le nord est le plus pauvre, c’est là où il y a le plus d’émmigration chez son voisin américain. Il y a aussi des mexicains qui vivent dans une ville frontalière mais vont travailler aux EU parce que le salaire est plus élevé, même si l’employeur américain paie un mexicain moins élevé qu’un américain, le salaire du mexicain sera toujours plus haut que dans son propre pays. Le centre est la capitale culturelle et économique et le sud-est très touristique.

Après une petite recherche internet, une critique sur l’hygiène alimentaire des petits restaurants de comptoir, cible d’une maladie intestinale bénigne qui provoque une diarrhée qu’on appel Tourista ou Turista. Je l’ai eu à la première semaine à Cuba guéri tout seul en deux jours. Un temps d’adaptation de l’appareil digestif à la nourriture et hygiène locale.

Visite avec un guide local nommé Oscar du Palacio National l’équivalent de la Tour Effel. Autre appellation Palacio Bellas Artes sont exposés des fresques murales permanentes des 4 principaux artistes contemporains : Jose Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros, Rufino Tamayo et Diego Riviera. Artistes révolutionnaires, politiquement engagés, patriotes vantant la culture nationale, critique du puissant voisin américain. La corruption est un sujet important pour ces artistes, c’est autant une cause interne car les politiques sous couvert de défendre l’intérêt général de l’état s’enrichissent ou tirent des profits des intérêts privés, autant une cause externe de son puissant voisin les EU qui intervient pour corrompre certains politiques.

En mettant en avant ces artistes, l’intention politique est de soulever le patriotisme de la population, l’anti-américanisme, ne pas se renier mais au contraire s’énorgueillir de sa propre grandeur, se donner de la vanité au reste du monde.

La fresque murale la plus importante est sans doute « L’homme contrôleur de l’univers » de Diego Riviera peint en 1934. Cette œuvre a débuté par un règlement de compte personnel de Riviera contre le milliardaire américain Rockefeller car celui-ci avait commandé une fresque pour sa fondation, mais comme la fresque contenait Lénine, la famille Rockefeller annule et détruit l’œuvre à moitié finie. Riviera le refait pour le Palacio National en ajoutant Rockefeller père et fils en capitaliste corrompu en changeant le nom du fresque qui était au départ pour la fondation Rockefeller « L’homme au croisement de l’univers » plus neutre, une situation spatio-temporelle. La fresque est idéologique puisque le bien est représenté par le communisme et le mal capitaliste. Une rupture avec l’humanisme de la renaissance, la renaissance avait observé et recherché l’homme bon, dans la fresque l’homme est toujours au centre mais partagé entre le bien et le mal. L’humanisme est un leurre et sa représentation du bien symbolisée par Lénine ne s’est pas réalisée. L’idéal du communiste est comme la beauté d’une peinture, elle peut être pensée par l’homme mais pas mise en pratique. Dualité entre idéalisme et pragmatisme.

Lendemain de l’arrivée premier déjeuner sur un comptoir à tapas, 5 tapas pour 50 pesos (2,50€), chacun avec des ingrédients différents, sur rue commerçante, des rabatteurs de tout commerce. Après manger je reprends la route, deux personnes une femme et un homme m’appellent et m’arrêtent, ils me disent que je suis partie sans payé d’une manière courtoise. Je me rappelais bien que j’ai payé, des préjugés me viennent, est-ce qu’ils m’arrêtent pour me faire payer une deuxième fois c’est-à-dire une escroquerie ou c’est vraiment qu’ils ont oublié que j’ai payé. Je leur répond par « cinquanta » le billet de cinquante que j’ai donné. L’homme réfléchit, cinq secondes il se rappel de mon billet, se confond immédiatement en excuse et me sert la main pour se faire pardonner et s’en vont aussi vite qu’ils sont venus. Ce qui lui ont fait tromper est que j’ai payé pendant la commande alors qu’habituellement les gens paient après manger.

L’état dans sa police comme dans sa justice est sévère, très autoritaire. Ainsi en cas de corruption aggravée la démocratie ne joue pas le rôle d’amortisseur pour trouver la médiation, la conciliation en cas de révolte est difficile.

Beaucoup de révolutions mais tuées dans l’œuf et n’assainissent pas l’état et les individus qui le gouvernent, du moins elles n’installent pas une république forte sur une longue durée.

D’après une fresque la corruption des politiques est une fatalité. Les critiques et moqueries des intellectuels et artistes sur les hommes politiques sont autorisés mais ces critiques n’ont pas d’effet comme lettre morte sur l’amélioration des hommes politiques.

Le paradoxe est que ces artistes sont installés par des dirigeants politiques corrompus, pour communiquer au peuple qu’il y a bien de la corruption, qu’ils sont engagés contre la corruption, une façon de se blanchir les mains. Un dirigeant politique qui élève ces artistes pour servir à sa propagande du bien.

Si Frida Kahlo n’a pas un physique de Vénus, Diego Riviera l’est encore moins, artiste au physique de Pan et pourtant il séduit les filles comme Adonis, un rockstar, à son époque la guitare électrique était le pinceau. Zola écrivait dans son roman « L’œuvre » qu’à Paris au 19e siècle, les peintres primés au Salon avaient toujours une cohorte d’admiratrices et d’admirateurs à ses traces.

Oscar n’aime pas Frida Kahlo parce qu’elle est narcissique, ce sont en majorité des autoportraits, elle ne termine pas ses œuvres alors que Diego Riviera son mari beaucoup plus connu nationalement qu’elle, est toujours là pour terminer ce qu’elle a commencé. Je lui répond que leur mariage n’est pas seulement fondé sur l’attirance physique mais aussi artistique, il y a une sorte de complémentarité, Frida commence l’œuvre mais n’achève pas, lui est le finisseur, elle l’inspiratrice, non plus en tant que muse d’un artiste mais créatrice.

Si on prenait la thèse d’Oscar Wilde, une œuvre non fini est une œuvre parfaite car ce qui est fini ne peut plus se perfectionner. Mais je ne crois pas qu’elle avait en tête la mise en pratique de la thèse de Wilde.

Dans le tableau « L’hôpital Henry Ford », son accident de voiture l’a rendu inféconde. Mais en tant que peintre, cette œuvre et ses œuvres en général sont ses enfants de substitution peut-être mieux que des enfants biologiques car le temps n’altère pas sa perpétuation. Elle qui désirait tant un enfant ne voyait sans doute pas qu’elle a fondé une famille nombreuse avec Diego.

La souffrance de sa propre vie qu’elle a peinte ressemble à la souffrance du Mexique, de la misère de ces gens dans la vie. Identification de population à elle parce que ses portraits sont aussi des portraits du Mexique. Chaque pays a besoin qu’un artiste en son sein parle de sa souffrance, Hugo, Dickens, Dostoievski, Munch, Goya…

Frida exprime la douleur physique, psychologique par des symboles de son identité culturelle mixte, occident de son côté paternel Allemand et du Mexique du côté maternel.

Poliomyélitique dès l’enfance qui la rend boiteuse puis grave accident de voiture lui fait subir plusieurs interventions chirurgicales, infidélités et séparation difficile avec son mari Diego. Sa propre douleur est une source d’inspiration, de création, elle a sublimé son mal. A la différence de Diego ce sont les problèmes du pays, de la démocratie, de la guerre, en tant que patriote, nationaliste, humaniste, il souffre que le monde va mal, là est son inspiration. Le fait qu’ils soient tous les deux inscrits dans le Parti communiste permettent de mieux voir le fonctionnement du pouvoir et ses dérives.

Kahlo est dans la douleur individuelle, les autoportraits, la famille. Alors que Diego Riviera est dans l’historique, le pouvoir, la politique. Le couple est au moins patriote au mieux nationaliste au sens artistique.

Pour Frida la peinture est un espoir comme la religion pour d’autres. La guérison passe par le récit de soi, son art est sa résilience. Ses autoportraits sont toujours impassibles à la douleur, il y a des larmes mais l’expression du visage est neutre.

Elle a un côté Virginia Wolf de part ses faiblesses physiques et psychologiques, sa bisexualité. Frida n’a jamais exprimé sa bisexualité ou ses relations lesbiennes dans sa peinture. Elle est sortie des conventions et mœurs de son pays dans la représentation de la nudité et de l’érotisme, mais jamais concernant l’interdit de son homosexualité, l’homosexualité en général, sa bisexualité. Elle doit être consciente de la limite du scandale dans l’art et la pratique sexuelle de son temps. Sa bisexualité est comme révélé et exposé par une partie de l’occident progressiste actuel, une sorte de banalisation instrumentalisé créée par ceux-ci pour aligner les mœurs locaux c’est-à-dire du Mexique et de l’amérique latine aux leurs. L’artiste dans sa quête de l’homme nouveau se confond parfois avec son œuvre. Le détournement et l’exposition de la vie privée d’une artiste notamment d’une pratique sexuelle tabou de son temps est le meilleur moyen de réformer les mœurs actuelles d’une manière douce, indolore, les spectateurs sont presque amenés au final à plébisciter la pudeur. Car Frida a acquis une aura exceptionnelle, tout chez elle peut être un exemple. C’est la raison pour laquelle les films et biographies surjouent sa bisexualité, une chose est claire Frida n’a jamais et n’aurait jamais fait son coming out de son vivant. Cette interdit est aussi forte que la pédophilie aujourd’hui, même si elle est provocatrice, affirmer sa différence sexuelle à son temps serait du suicide. Oscar Wilde et Verlaine ont été emprisonnés par dénonciation publique et fin de leur carrière.

S’il ne lui ait pas arrivé tant de drames personnels, elle aurait probablement pris des thèmes généraux comme la politique, l’humanisme comme son mari Riviera.

Dans la banlieue huppée de Mexico, son musée « La casa azul » est comme fait à la va vite pour satisfaire les touristes étrangers. Chez Frida c’est l’occident qui l’a rendu populaire et célèbre alors que Diego c’est l’état mexicain. Diego a les honneurs nationaux. Pour Frida c’est par sa notoriété occidentale que les locaux viennent à mieux la connaître et l’apprécier. Biensur au départ elle a déjà un capital de notoriété nationale mais son capital notoriété est propulsé depuis l’étranger puis cette diffusion étrangère à pénétrer le sol national. La raison qui pousse le vieux continent à l’aduler est la même raison qui pousse l’Europe à déprécier Diego, son sujet est l’individu pas l’histoire. Le musée de Frida est complètement excentré, La Casa Azul à Coyoacan alors que le musée de Diego est en plein centre-ville. Alors même que le couple habitait ensemble, Frida à la Casa Azul et la maison de Diego est reliée par un pont à la Casa Azul.

Elle se distingue des autres artistes mexicains portés par l’état par son individualisme au sens de la représentation de soi-même de l’intime. Les occidentaux l’ont popularisé grâce aussi au courant féministe dont elle est l’une des rares de son pays. Car issu d’une famille aisée, malgré ses handicaps personnels elle est favorisée par sa situation familiale et le milieu où elle côtoyait.

Ceux qui prennent la politique sont souvent confrontés à la stérilité artistique de leur propre vie, le vide et l’ennui, le néant pour être l’objet d’une œuvre d’importance. L’art ne l’attire pas.

Cette construction du Palacio Bellas Artes a débuté par un architecte italien, stoppé par la révolution car trop coûteuse. D’après ce que j’ai compris l’oligarque Porfirio Diaz voulait construire un théâtre mais au milieu de sa construction la révolution mexicaine vient l’interrompre, les communistes qui ont pris le pouvoir ont détruit un théâtre pour construire un palais, contradiction idéologique. La reprise par un nouveau architecte mexicain a sans doute même dépassé et multiplié le budget de départ car tout est fastueux à l’intérieur, ce n’est pas pour une république mais au goût de Néron.

Les fresques murales à message politiques. Elles n’ont pas cet engouement dans le vieux continent parce que les sujets politiques et historiques ont disparu en même temps avec la fin de l’académisme du Salon. Le vieux continent est à la recherche de sujets et techniques nouvelles.

Le problème est qu’il en ressort toujours une individualité charismatique dans ces révolutions, cet individu porté en héros n’a par la suite pas de freins institutionnels solides pour descendre de son piédestal et arrêter ses ambitions politiques. En Grèce antique Péricles est souvent mal traité par ses concitoyens car les athéniens avaient toujours peur de dictature même du meilleur d’entre eux. Cette forme d’ingratitude est la meilleure disposition pour freiner les ambitions funestes. En France De Gaule a subit la même ingratitude des français de son vivant.

La révolution a fait naître des individualités que le retour à la paix et à l’intérêt général n’est pas pérenne. Ces individualités qui émergent sont de nature à s’approprier l’intérêt général qu’être son serviteur.

Ce sont les largesses de la gratitude et de la reconnaissance du vivant des héros qui ruinent les républiques jeunes, immatures et faibles car ces largesses les mettent au dessus des lois, or une république bien comme il faut ne peut pas tolérer un écart même pour ses meilleurs sujets et surtout ces meilleurs car ils sont des exemples pour la majorité.

Art des fresques murales, technique de peinture à l’ancienne pour marquer en plus des thèmes peints, son identité culturelle et historique. Peinture sur l’histoire, pas la vie individuelle, la vie normale, la vie anonyme, une personnalité non historique et loin du pouvoir, la vie de campagne profonde, non pas la représentation du peuple, non pas la démocratie représentative mais peindre la démocratie directe c’est-à-dire un des millions de votants.

Importante présence policière dans les rues, système de sécurité développé, les barbelés visibles sur pas mal de bâtiments donnent l’impression d’une sensibilité sécuritaire accrue, souvent un garde à l’entrée d’un magasin avec fusil d’assaut, munitions, gilets pare-balles, protection robocop.

En se promenant en pleine journée sur une avenue, un SDF par terre couché sur le ventre, à côté quelques pétales de fleurs blanches, une voiture de police et deux policiers surveillent sobrement, un périmètre balisé, pas la foule des grands jours mais quelques regards curieux en passants, sans s’attarder et continu leur chemin. Indifférent du trafic automobile, Début d’après-midi en plein soleil. Une fois au loin je retournai la tête pour revoir cette séquence marquante : un corps recouvert d’un drap blanc, seuls dépassaient deux pieds anonymes, noirs et sales avec la peau aussi dur que des semelles de chaussures.

Pas mal de clochards sont installés et mendiaient à la sortie d’une église.

Les bureaux de change à l’aéroport proposent les meilleurs taux. Il y a bien une quinzaine à l’intérieur de l’aéroport de Mexico, chacun a un taux différent il faudra trier, choisir la meilleure, pour moi j’ai échangé à 20,80 pour 1€ le 28/02/2020 alors que le taux moyen du jour était de 21,60. Donc celui qui prend le moins de commission est 0,80. En centre-ville le meilleur était de 20.

Beaucoup de Uber à l’aéroport, d’après des retours d’expérience sur internet, Uber est populaire chez les touristes car pas cher et sûre, facilité d’utilisation même si on a pas internet il y a des quartiers et zones avec wifi gratuit indiqué par un panneau accroché sur la colonne du réverbère.

Dans les villes peu de vélo, scooter et moto, la voiture est privilégiée et les chaussées ont plusieurs voies, les heures de pointe très embouteillées. Le piéton est mieux protégé qu’à Paris parce qu’à Paris même quand on traverse une voie à sens unique il faut toujours regarder dans les deux sens parce qu’il y aura toujours un vélo pour vous rentrer dedans, d’ailleurs on est plus susceptible d’être écrasé par un vélo ou une trottinette motorisée qu’une voiture à Paris.

Conseils d’un guide local, de 7pm à 10pm les musées sont gratuits tous les derniers mercredi du mois.

Le dimanche est travaillé pour une partie de la population, c’est plutôt lundi le jour de repos pour la majorité.

Le fait d’avoir beaucoup de policiers est à la fois rassurant parce que qu’on se sent protéger et non rassurant parce qu’on sent qu’il y a une atmosphère de forte insécurité uniquement de par leur présence car en général la police intervient après le drame, le vol, l’agression. Mais c’est plutôt une présence dissuasive car je n’ai vu aucun incident en 5 jours dans la capitale. Et quand on prend l’habitude d’être rassuré par leur présence, leur absence en dehors du centre-ville peut parfois être angoissante. Addiction et sevrage de la police, inimaginable en France.

Au terminal centrale nord, comptoir 8 pour acheter le ticket aller-retour pour le grand site archéologique de Teotihuacan 104 Pesos. Trajet environ 1h, le bus démarre à 12h, à l’intérieur assez chaud, pas de climatisation, bus en bon état. Durant le trajet deux vendeurs chips et boissons froides, un homme d’une vingtaine d’années monte en début de trajet, au milieu du passage allume son enceinte, musique instrumentale hip hop et rap pendant un bon quart d’heure. Le site assez grand de vue mais deux heures suffit à tout visiter si on ne mange pas sur place. L’ensemble très géométrique, symétrique, tout proportionné, une impression de désert sec avec l’herbe jaunie par le soleil, des poussières se soulèvent par le vent et évolues en tornade de temps en temps.

J’entends souvent des globe-trotters et simples touristes dire qu’ils n’aiment pas les lieux touristiques mais moi j’aime autant les lieux touristiques que les lieux reculés, isolés, la profondeur paysanne à l’abondant du tourisme. Ceux qui disent qu’ils n’aiment pas mais y vont quand même, dans le cas où ils ne vont vraiment pas il leur manquerait une part importante du pays parce que les lieux touristiques sont toujours historiques, capitaux, symboliques.

Royaume des dos-d’âne, moyens pour ralentir la vitesse, sécurité routière, baisser le nombre de mort sur la route. Régulation des mœurs en avale car difficulté en amont. Comme si ses habitants rencontrent la difficulté de policer en amont.

Remarque lu sur internet, quand une voiture allume un clignotant de direction cela veut dire soit qu’elle tourne dans la direction indiqué du clignotant soit qu’elle indique à la voiture qui la suit de le dépasser, c’est le contexte qui va le dire.

Beaucoup de grandes avenues portent des mots et noms propres révolutionnaires tel Avenue de la révolution, Avenue de la réforme, date de l’indépendance, d’une bataille importante, pour garder l’idée, le concept de révolution et le nom des personnes qui ont fait l’indépendance et la révolution. Il y a la même chose en France mais en quantité incomparable.

Oscar m’a dit « j’ai visité beaucoup de capitales européennes mais je ne sais pas pourquoi Paris m’a beaucoup ennuyé, il n’y a rien à faire, je ne comprends pas pourquoi Paris est mondialement connu ». Sur le coup je n’ai pas eu grand chose à lui répondre, plus tard quand on s’est quitté c’est là que des raisons me sont venues. Paris n’est pas un lieu de divertissement mais un espace studieux comme une grande bibliothèque ou musée. Oscar a vu juste comme Baudelaire, Paris est spleen, c’est morne, rien à faire, anxieux une impression de perdre son temps quand on veut se divertir. C’est une ville qui se veut la première ville d’inspiration et de création artistique, quand on a pas ces intentions, prétentions, alors Paris devient sans intérêt l’un pour l’autre, du point de vue de la personne, du point de vue de Paris.

La profondeur psychologique est la profondeur artificielle sociologique. Le caractère psychologique est le vernis visible d’une personnalité. Ce qui est psychologique est visible, ce qui est sociologique est structurel, ce qui est structurel est comme une cape d’invisibilité, non accessible à l’œil nu.

De México à Guadalajara le moyen le plus pratique est l’avion environ 1h pour 50€, j’ai pris la compagnie Interjet billet ultra light au prix de 45€, à l’enregistrement ce prix ne contenait pas de bagage à soute j’ai dû payer 30€ donc en totale 75€. Le bus classique premium est de 45€, il parait d’après des voyageurs très confortable en 6h. La réservation peut être faite un jour à l’avance sans manque de place. A l’aéroport de Guadalajara il n’y aucun transport en commun public ou privé pour le centre-ville, c’est soit taxi, soit Uber qui est 2 fois moins cher à 9€ pour environ 20km. Le wifi gratuit à l’aéroport permet d’utiliser Uber sans carte sim.

Variations sur têtes de mort, l’objet morbide mais tout en couleur. La couleur blanche n’est pas couleur car elle les contiennent toutes, mais cette arc-en-ciel n’a pas de noir, le contraire de blanc : le plein est-il néant ?

Guadalajara à San Luis Potosi, de 10h20 à 14h54, 22€, 295km. Assis devant le bus à moitié vide, mon voisin me demande combien j’ai payé, j’ai répondu 441 pesos, j’ai demandé si c’est un bon prix, il me répond que c’est le prix normal. Au départ il fait plusieurs fois le signe de la croix, le chauffeur fait de même. Il y a toujours un signe religieux près du chauffeur. Le bus a quelques années d’usure mais bien entretenu et confortable, siège spacieuse, trois écrans télé.

Arrivé à la gare routière de SLP, j’ai marché environ 2,5 km jusqu’à l’auberge avec mon sac-à-dos et backpack en total 15kg pour environ 45min qui se trouve en centre-ville.

Le centre historique est plaisant, maisons à l’architecture traditionnelles au maximum trois étages mais font en général un ou deux étages, couleur sobre, on dirait des nains. Petite ville entourée des chaînes de montagne. Rues pavés, dallées, beaucoup de pierres, solides et vieillottes mais bien entretenues. Deux grands parcs Tangamanga au sud et Tangamanga 2 au nord, accessible aux voitures sorte de promenade en voiture 20km/h maximum, un circuit à deux voies partagées avec les cyclistes, piétons et rollers. Des footballeurs viennent s’entraîner sur la pelouse.

Le rayon chips d’un supermarché est bien dimensionné.

Les locaux aiment le chips avec beaucoup de variantes ajouté souvent avec une sauce rouge qui ressemble plus à du piquant que du ketchup, les churros sont très populaires aussi mais pas de déclinaison à part la taille. Beaucoup de petites choses de rien du tout à grignoter, pépite de citrouille, popcorn, cacahuète, comme pour tenir toujours la bouche occupée quand ça ne parle pas, pour combler le silence, le déficit de parole, l’inactivité buccale est anomalie. Cela pourrait ressembler à de la généralité ce que je décris mais les mexicains diffères de la méthode par rapport aux français pour occuper la bouche. En Amérique du Nord les gens font semblant de grignoter : c’est le chewing-gum. Des cireurs de chaussure très présent là où il y a de la fréquentation, centre commercial, place, carrefour, gare.

Une vénération religieuse de la mort, le squelette ne se limite pas à l’humain mais se décline aux animaux. Tête de mort équivalent de l’ours de Berlin, coq français ou dragon chinois. Animal, chimère et métaphysique.

Quelques personnes jouent de leur compétence au feu rouge pour gagner quelques sous, jonglage, foot, danse ou simplement nettoyage de pare-brise.

La précarité crée du travail comme rabatteur de parking.

Dans des grandes parques il est possible parfois d’assister à des show de battle de rap, un contre un, populaire auprès des jeunes adultes.

Malade en espagnol se traduit par « enfermo », et comme en français une personne qui est malade a une maladie et maladie est la composition de « mal à dire », si on synthétise c’est une personne enfermée qui a du mal à dire son mal. Suggestion d’un synonyme espagnol « quarantino ».

Beaucoup de vendeurs de figurines miniatures de personnages, voitures ou tout autre objet. Toute la culture japonaise à Mexico city un building est dédié.

Effet imprévu du change. Contexte en plein crise Covid19, début mars 2020. Réservation 5 jours à l’avance de 3 nuits dans une auberge de jeunesse à Oaxaca par l’appli Booking. Pour faciliter la comparaison je met les chiffres en entier. 3 nuits pour en tout 23€, taxe de 2€, donc 25€. Or à mon arrivée j’ai acheté mes devises à l’aéroport parce que c’est le lieu où il y a les meilleurs taux d’achat, j’ai acheté au taux de 21%. Normalement je suis avantagé puisque l’euro est arrivé à un taux historique de 1€=25MXN (abréviation de la devise mexicaine). Je suis perdant non pas parce que j’avais changé quelques jours plus tôt à 21% mais la devise de la réservation était en euro alors que le paiement se faisait uniquement en liquide mexicain, donc ça fait 25X25=625. J’aurais été gagnant si j’avais fait le change à son taux historique de 25% ou si j’avais la possibilité de payer par CB. Le prix normal saisonnier des années précédentes était 25X20=500MXN, puis le taux de change moyen des années précédentes était environ 20. J’ai donc payé en plus 125MXN que normalement j’aurais dû bénéficier puisque c’est l’euro qui a grimpé, un exemple d’anomalie pratique.

Beaucoup de cerisiers violets en fleurs depuis l’hiver, explique Oscar, c’est une particularité dans tout le Mexique.

Dernière œuvre de Frida avant de mourir la quarantaine emportée par la maladie, un tableau représentant des pastèques coupées avec des pépins, inscription sur l’une « Viva la vida ».

Le 13/03/2020, en parlant avec un Suisse j’ai trouvé une chose bizarre sur le change, sachant que le franc suisse vaut 1€=1,06 et 1€=23,98MXN. Puisque le franc suisse est plus haut que l’euro, à l’échange contre du pesos mexicain le franc suisse devrait être plus cher or l’échange au même instant est 1CHF=22,86MXN donc moins cher qu’à l’échange de l’euro en pesos mexicain. Sans doute une anomalie due à la crise économique par le Covid19 car en temps normal le franc suisse a toujours été plus cher que l’euro d’après le suisse.

Pendant l’épidémie de covid19, j’ai lu les recommandations et l’actualité du site du ministère des affaires étrangères diplomatie.gouv.fr. L’ensemble de ses recommandations sont au dessus d’une échelle, d’un cran au-dessus, si on les suivait à la lettre il faudrait aller nulle part. Minimiser ses responsabilités en maximisant les risques, car il a une obligation d’assistance et soutien, c’est comme s’il disait « il faut pas dire qu’on ne vous a pas prévenu ». Ces recommandations sont anxiogènes, le lendemain je suis quand même allé en vélo depuis Oaxaca au Mont Alban, à l’arrivée je visite d’abord un petit musée à côté des toilettes, lors de la visite un touriste mexicain me demande de faire une photo selfie avec lui, j’ai pas réfléchi et accepte. Quelques minutes après je repense à ce que j’ai lu, et là j’imagine des intrigues mal intentionné sur l’utilisation de mon image, parce que le site informe de ne rien faire avec les locaux du fait qu’il y a toujours un risque. Le mal est partout, hiérarchiser à la manière Dante. Jamais l’opportunité d’une relation amicale.

Amérique centrale, regroupement des petits états pour faire face à ses puissants voisins. Sorte de bénéluxe européen. Comparable au fédéralisme sans en porter le nom.

Immigration de l’Amérique centrale vers Amérique du Nord en passant par son voisin le Mexique. L’héliotropisme est en fait du tourisme. Les gens du nord vont au sud pour le tourisme, le dépaysement, le nouveauté, le soleil. Les gens du sud vont au nord non pas pour chercher la pluie, non plus à la recherche du froid, mais une vie meilleure.

A Oaxaca, location de vélo pour 5h, 50 pesos, 1h en vélo depuis le loueur au Mon Alban, très pentu. A l’arrivée un parking à vélo situé un peu plus loin du bus. Descente refesco en 15 minutes seulement. Puis direction l’aéroport pour changer des devises, un seul qui propose le même taux que la ville à 19,50 alors que le taux du marché est 24,50. Taux inintéressant je ne change pas.

Mexique quelque chose de piquant comme le cactus, l’ambiance urbaine, ses habitants, le goût culinaire, les squelettes et têtes de mort, le désert.

Mouvement de contestation dans l’ensemble de l’amérique latine, plus suivi dans les pays pauvres, corruption, défiance des dirigeants politiques, féminisme. Anticapitalisme, corrélation des records en bourses.

Le buffet à volonté chinois à prix moyen de 80 pésos (4€) se rencontre souvent à partir des villes moyennes, c’est moins cher que le menu Mcdo environ 100 pésos (5€). Particularité c’est pas toujours tenue par des chinois mais les mexicains sont aussi nombreux que les chinois, j’ai mangé deux fois dans des buffets différents c’est pas terrible, vu le prix on s’y attend. D’ailleurs le japonais est majoritairement tenu par des mexicains, le prix est un peu plus cher que Mcdo.

Souvent dans les gares routières une autel de la vierge Marie pour protéger les voyageurs et tout le personnel qui y travaille. Trajet Oaxaca à San Cristobal De Las Casas, de 21h à 7h durée 10h. Juste avant démarrage quand tout le monde est dans le bus une femme à uniforme viens filmer le visage de chacun en disant que c’est pour la sécurité, tout se fait en deux minutes. Des points de contrôle à certains endroits, un policier monte pour jeter un coup d’œil, le conducteur donne une feuille avec la liste des passagers. Pour la deuxième fois je vois le chauffeur faire le signe de la croix et un signe sur le volant. Peu de retard au départ, arrivée souvent à l’avance avec une heure d’avance lors de mon trajet San Luis Potosi à Puebla, le chauffeur va vite quand la route est libre. Les sièges sont assez confortables, difficile de dormir, je réserve si possible toujours un siège avant pour voir la route. Un cycliste en pleine nuit avec un clignotant rouge, beaucoup de dos-d’âne ou ralentisseur. Le chauffeur avec sa musique mexicaine du tcha-tcha festif modérato kitchement coloré par du cuivre. Ne manque jamais de faire un signe à la rencontre d’un confrère poids lourd, camion, bus. Beaucoup de virages gauches et droites à allure rapide conséquence secousse à l’intérieur, sommeil perturbé, à la moitié du trajet donc 5h plus tard changement de chauffeur, la route est plus fluide, je réussi à caresser des micro sommeils réparateurs à demi.

Journée mondiale de la femme. Mouvement suivie par la population féminine avec pour symbole bandana ou fichu violet. Sur des murs d’administration publique des graffitis féministes, les mêmes méthodes utilisées qu’à Paris.

Parfois beaucoup d’informations mais je n’arrive pas à synthétiser, organisme en carence de caféine.

San Cristobal De Las Casas est une petite ville charmante perchée au milieu de plusieurs collines, des auberges de jeunesse bonnes à bas prix contrairement à la ville précédente Oaxaca cher et de qualité moyenne. Les gens disent que c’est touristique mais qu’importe, le charme d’une ville ne se définit pas au nombre de touriste, ceux qui le disent ont une idée réductrice du voyage. Le climat en hauteur plus clément que la chaleur d’en bas, agréable comme un printemps à Paris. Je décide de rester plus longtemps car je pensais passer en Guatemala mais c’est fermé aux européens à cause du Covid-19. Des agences proposent des excursions aux alentours, sites archéologiques, lacs, cascades, grottes, canyon Sumidero avec point de vue, lagunes, peuples indigènes, artisanats traditionnels, randonnées. C’est le même prix partout, il y a beaucoup d’agences mais pas de concurrence.

17/03/20, les commentateurs dans les médias français disent qu’il y a peu de cas au Mexique parce qu’il ne pratique pas de dépistage, et l’état ne prend que peu de mesure contre la pandémie, accusation de légèreté, d’amateurisme, d’irresponsabilité. Mais lors de la grippe A (H1N1) au Mexique en 2009, l’état a tout de suite pris des mesures drastiques similaires à la Chine actuellement, ce qui voudrait dire que le gouvernement estime être faiblement touché car il aurait agit de la même manière si la situation le justifie. D’ailleurs après avoir lu presque toutes les recommandations des pays touchés sur le site du ministère des affaires étrangères, aucun des pays dans ses mesures de précaution, interdisent les personnes en provenance du Mexique (en dehors du transit), ce qui confirme l’assurance de l’état mexicain, c’est parce que le Mexique est faiblement touché que les autorités du pays ne pratiquent presque pas de restriction contre ses résidents, alors que presque tout l’Asie, l’Europe, les Etats-unis se filtrent mutuellement.

Il y a toujours un côté positif même dans le pire, le refroidissement du réchauffement climatique. Cette pandémie vient peut-être de freiner l’enjeu majeur du 21e siècle. Gréta pourrait se montrer doublement satisfaite car la deuxième nouvelle est qu’elle ne serait pas infectée vue son jeune âge.

Magasin de vêtements féminins avec mannequins en jeans moulants mais placés de dos pour bien montrer que les jeans moulant les fesses sont à craquer.

San Cristobal Des Las Casas, Il y a deux ou trois rues commerçantes qui absorbent presque toute la population de la ville.

Les femmes portent souvent un sac-à-dos, leur bébé. Allaitent en marchant, un tissus sur la tête pour se protéger contre le soleil, les bras remplis de produits souvenirs, scandent des paroles commerciales. La vente de souvenirs ambulants est un métier féminin, alors que quand le commerce est fixé par un magasin c’est mixte. Beaucoup d’enfants de moins de 5 ans soutiennent le travail des parents ou jouent à côté.

A l’auberge des anglais ou américains parlent de la situation Covid19, des avions annulés, des fermetures de frontières, du confinement, mais assez flegmatiques, certains pensent à un travail pour rester plus longtemps. J’entends une française dire à sa mère au téléphone de ne pas propager la peur jusqu’à elle comme si le virus possédait des propriétés de contagion psychologique depuis l’autre bout du monde.

Le covid19 est proportionnellement dangereux à l’âge d’une personne contaminée. Les jeunes qui ne sont pas arrivés à maturité le virus ne s’incube pas, les jeunes asymptomatiques sont des transmetteurs, des intermédiaires au Covid19 pour tuer les vieux. Objectif Covid19 : sénilicide.

Covid19, potentiellement un enjeux géostratégique car le premier état qui aurait trouvé le vaccin aurait tout intérêt à le cacher comme un secret le plus longtemps possible car tous les autres états seront en récession économique alors que lui prospèrera en secret pour acquérir une avance. C’est la suprématie qui est en jeu, qui souvent cache l’hégémonie.

Révélation sur la tentative de Trump d’acheter un laboratoire Allemand sur le point de réussir. L’évolution et la discrétion de la Chine pourrait cacher sa capacité à élaborer un vaccin. On parle souvent de ses prouesses technologiques, conquêtes de l’arctique, de l’espace, il n’est pas impossible qu’elle cacherait la réussite d’un vaccin. Tout l’occident s’énorgueille de la supériorité de ses laboratoires, un aveuglement de soi. Il se dit : il est impossible que la Chine soit meilleure que moi, nos recherches médicales, nos laboratoires sont mille fois meilleures qu’elle. La Chine de Thémistocle.

Comme on l’a dit c’est une course, celui qui aurait un avantage, même s’il ne souhaite pas partager, en le gardant secret pour éviter les critiques des institutions internationales, ne peut pas garder longtemps cet avantage car les autres coureurs passeront également la ligne tôt ou tard. Tel un hacker pour décrypter un code, c’est une question de temps.

Rester au Mexique quand on est français c’est comme se confiner à la maison mais à l’extérieur des murs de l’hexagone, ça ne contamine personne, désengorge les hôpitaux et médecines de ville.

Remède des états : le totalitarisme limité. Le hasard de cette pandémie pourrait être utilisée comme une opportunité pour justifier et le bien-fondé du totalitarisme globalisé.