« L’art et rien que l’art, dit Nietzsche, nous avons l’art pour ne point mourir de la vérité » Sysiphe, A. Camus
Sur le gouvernement chinois, il est possible de reprendre la formule de S. Zweig sur l’apport de Hyde Park : « Il donne trop à tous et trop peu à chacun ».
A la différence des autres pays d’Asie, on voit rarement des têtes occidentales et non asiatiques à part les deux grandes capitales économiques Shanghaï et Shenzhen. Rien n’est fait pour faciliter le tourisme étranger, les GAFA sont censurés, les mêmes avancés technologiques sont présentes par des applications nationales, des sortes de GAFA locaux, mais pour cela il faut connaître la langue. La majorité des habitants ne parlent pas anglais, dans les restaurants ou n’importe quel magasin d’alimentation tout est écrit uniquement en mandarin, de même dans les transports en commun tout est incompréhensible pour un étranger, il n’y a que dans les aéroports qu’il y a de l’anglais. Pour ne pas se perdre il faut soit avoir un minimum de connaissance du mandarin, soit faire appel à un guide, soit connaissant des amis ou des relations sur place. La vie courante est semblable à l’occident, c’est la barrière de la langue qui diffère. La Chine possède un cinquième de la population mondiale, dans Shanghaï sa grande métropole, on ne se sent pas écrasé par la masse, tout est organisé d’une manière fluide, son art de l’administration est poussé à l’extrême.
L’écart entre l’hiver et l’été est beaucoup plus sensible qu’en France, comme il n’y a pas de chauffage dans beaucoup de villes, les gens mettent tellement de couches de pantalons et vêtements qu’ils ressemblent à des bonhommes de neige. En été les rayons du soleil sont tellement chaud que j’ai l’impression qu’un fer à repasser travail à la surface de ma peau. Malgré la différence, les chinois sont loins de s’apitoyer autant que les français, qui l’hiver comme l’été font l’objet d’éternels critiques.
Acheter une carte sim est plus importante que dans d’autres pays d’Asie car elle permet non seulement d’utiliser internet mais aussi faire des achats comme un chinois lambda. La vente de SIM est très réglementée et le vendeur respecte scrupuleusement la procédure, une fois la carte sim avec crédit achetée, il faut s’inscrire chez un opérateur avec sa pièce d’identité, cette inscription peut se faire chez le vendeur. Tout se fait en moins d’une demi-heure. Pour payer comme la majorité des chinois avec leur portable, il faut ouvrir un compte bancaire, l’alimenter puis relier le compte avec l’application Wechat ou Alipay.
Dans la société chinoise il y a une culture superstitieuse des nombres dans toutes les couches sociales étendues à tous les domaines ; l’horoscope de la formation d’un couple pour le mariage est toujours consulté dans le calendrier lunaire chinois, elle indiquera si le mariage serait de bon ou mauvais augure. Les dates de naissance du couple sont soumises à un livre taoïste de compatibilité. Les numéros de téléphone, choix de la date d’ouverture d’un commerce, la somme d’un Hong Bao, le numéro d’un appartement, l’étage, choix de la date du mariage, tout ce qui contient un nombre dans la vie d’une personne est soumis à l’augure. Après interprétation, les gens font tout pour éviter les mauvais nombres, si c’est inévitable ou l’action déjà accomplie, la plupart accomplisse un rituel pour chasser la présence des mauvaises augures. L’homonyme est importante dans l’interprétation des augures, par exemple le nombre 4 se prononce de la même façon que la mort, le nombre 8 la richesse, le 9 la longévité. Le taoïste interviendra pour donner des exemples passés de ceux qui ont respecté les nombres bénéficiant de la fortune et les autres dans la tourmente. Il y a aussi l’interprétation calligraphique du chiffre qui converge ou diverge avec d’autres idéogrammes.
Il est faux de dire qu’en occident la superstition des nombres est absente, la française des jeux exploite dans ses publicités des jeux basés sur les nombres. La religion du chiffre 13, le nombre du diable 666, le trèfle à 4 feuilles, chat noir, fer à cheval, miroir cassé, passage sous l’échelle. Pythagore était un fanatique du nombre, même si c’est de l’antiquité grecque, sa présence philosophique et mathématique est encore parmi nous au collège et les études philosophiques. En littérature l’œuvre monumentale et universelle La divine comédie de Dante contient énormément de symboles des nombres, et pas uniquement à l’intérieur des vers mais aussi dans la structure des vers. En 1999 il y eut des gens qui allèrent vivre dans des cavernes ou sous terre de peur du jugement dernier car la présence de 999 est aussi le nom ou l’appellation du diable. Malgré le réalisme scientifique des occidentaux, une superstition demeure dans les moeurs et les pratiques de la société.
On me dira que tout ça est mineur, la religion a disparu avec la révolution française, mais en Chine aussi la religion a disparu avec le marxisme. Si la religion a décliné, le fantasme des nombres s’est renforcée, non pas au point de remplacer la religion, mais le fantasme des nombres a récupéré le poids de l’espérance déserté de la foi religieuse. Il y a dans la pratique des nombres une facilité qui convient aux contraintes de la société moderne.
Il y a l’économie politique mais aussi l’économie religieuse, la religion dépendante de l’économie, il faut un modèle économique viable sinon la religion ne se maintiendrait pas.
Puis l’occident est une société gouvernée par la science, il y a chez ses plus grands mathématiciens une vénération sans borne des nombres, le médaillé Field Villani voit comme des vers poétiques les formules d’équations. D’autres de ses confrères dorment jours et nuits avec l’obsession des nombres entiers. Des expositions sur le nombre Pi. Pour le mathématicien Srinivasa Ramanujan tous les nombres entiers sont ses amis, ce n’est plus une notion abstraite mais une personnification, c’est devenu une relation affective. Une volonté de découvrir les mystères et secrets cachés dans les nombres. Ce n’est pas la connaissance de l’homme mais de l’univers.
Dans « Songeant à mon père » de YAN Lianke il se rappelait de son village natal par cette phrase : « Lorsque j’étais adolescent, Luoyang, pour moi, n’était pas une ville, mais la capitale de mon for intérieur ». Il y a toujours une affection particulière et mystérieuse du lieu où on est né, cette affection se fait évanescente par l’urbanisation intensive, alors la mémoire est le dernier lieu de résistance au progrès, jusqu’à ce qu’elle disparaisse avec la mort de nos pères. Le progrès qui chasse le passé est une régression pour l’homme, d’où l’axiome de Cicéron « Ignorer ce qui s’est passé avant qu’on soit né, c’est être toujours un enfant ».
Aménagement territorial de grande envergure, grands travaux, chantiers en quantité et immense, développement structurel, grande qualité des infrastructures routières, nouvelles mentalités des piétons et voitures, le changement de comportement s’est fait en simplement une dizaine d’années. Beaucoup de progrès structurels et de bonds en avant sur les plans quinquennaux et autres objectifs fixés par le parti.
Si la démocratie est l’art de mener les hommes par la puissance du verbe, la Chine est l’art de mener les hommes par la puissance de l’action.
Peut-être cette urbanisation intensive est l’effet pervers de la révolution culturelle. Beaucoup de dirigeants politiques actuellement en Chine et en premier lieu le président Xi Jingping étaient victimes des humiliations physiques et morales de la révolution culturelle, la révolution industrielle et urbaine sont nés de ce traumatisme passé. Deux révolutions culturelles d’envergure moderne : urbaniser les campagnes et importer la campagne dans la ville par les projets environnementaux et écologiques.
L’écologie n’est-elle pas la résilience du choc urbain ? L’attentat réussi de la ville contre la campagne.
Il faudrait une centrale nucléaire pour construire l’écologie. L’ornement vert vaut aussi cher que l’or. D’un point de vu économique, c’est que sa rareté fait monter sa valeur en dehors des considérations esthétiques. La valeur des plantes et arbres se rapprocheront des pierres précieuses : prix du paradis perdu.
La Chine pose la condition de transfert de technologie pour avoir le droit d’installer sur le marché chinois. A la fin du 19e et début 20e siècle c’est-à-dire à l’air Meiji les étudiants boursiers japonais sont allés en nombre en occident pour acquérir la connaissance occidentale, en même temps une politique d’engagement des intellectuels et scientifiques pour enseigner sur le territoire national. Dans l’achat des avions Airbus, la Chine pose la condition d’un transfert technologique, les occidentaux répondent « même s’il y a transfert de technologie, on sera toujours en avance ». Ils ont répondu la même chose aux japonais un siècle plus tôt.
La raison pour laquelle il ne serait pas judicieux à la Chine de se doter d’un mode de gouvernement démocratique c’est que la Chine actuelle est trop populiste, comme dit Platon il faut d’abord éduquer le peuple pour établir une vraie et bonne république.
Les sportifs qui font la pub pour les grandes marques de soda hyper sucré ne sont jamais gros, c’est la différence avec la majorité de la population qui ne sont pas des sportifs.
L’heure du déjeuner, une mère donne à manger à sa fille sur un escalier, la petite a toujours les yeux fermés, les mains posées sagement sur les genoux comme dans une sorte de méditation. Aucune parole, sur le pont couvert on entend seulement le bruit des voitures sifflées à chaque passage. La petite avale les bouchées que la mère amène avec une cuillère, je ne sait pas comment la petite fait pour savoir que la cuillère est là puisqu’elle a les yeux fermés. Sans doute qu’elle sent, cette cuillère remplie de riz et un petit morceau de poisson pané que sa bonne mère lui tend au nez.
Chez les familles les bols de riz sont deux fois plus petits qu’avant par contre les plats sont deux fois plus nombreux et plus variés. L’apport de la nourriture n’est plus basée sur l’énergie mais qualitative, comme facilité la mutation du corps et de l’esprit dans le courant du développement.
La différence entre la Chine et l’occident c’est la puissance de l’individualisme, l’occident est centré sur l’individualisme, ça veut dire que si on prenait individu par individu entre un chinois et un occidental c’est l’occidental qui s’en sortirait mieux dans la vie. Toute la difficulté qui fait la grandeur de l’occident est sa capacité à rassembler ces individus en son sein, comme chaque individu a plus de talent que ceux de Chine, la somme de ces individus est naturellement plus grande et plus puissante. L’individu n’est pas uniquement en opposition avec l’intérêt général, le développement de l’individu fait la grandeur d’un état. Alors qu’en Chine c’est l’existence du groupe qui prime sur l’individu, l’individu est mis de côté, il doit son existence au groupe qui le compose, l’individu seul n’est qu’un fragment incomplet et inutile. Si les individus qui composent le groupe ont des qualités modérés alors il en ressortira sur la production du groupe qui le compose, peu importe les effets de synergie, le résultat sera toujours plus faible que celui d’un groupe occidental.
Il est vrai qu’il y a des pénétrations des valeurs libertaires et démocratiques de l’Occident dans la Chine mais comme la doctrine de la pensée dominante est l’aristocratie il n’y a que peu d’impact et l’influence est marginale sur la majorité de la population. Il y a une existence inverse que beaucoup ignore, c’est l’influence du régime chinois sur l’occident, il y a une partie non quantifiable d’occidentaux qui vantent les mérites du régime politique chinois, pour eux le modèle chinois est une alternative à la démocratie occidentale.
Comment l’absence d’opposition du régime chinois arrive à concurrencer les démocraties occidentales ?
La question d’opposition politique selon Machiavel : Discours sur la première décade de Tite Live. Pourquoi il est dangereux d’avoir une Bastille c’est-à-dire l’emprisonnement d’opposants politiques (OP) ? Une Bastille est plus dangereuse que la liberté d’opposants politiques car une Bastille conduit inévitablement à la guerre civile. La liberté d’OP est moins pire qu’un état qui ne l’accordait pas, l’inconvénient dans cette liberté est qu’il faut jouer tous les jours les équilibristes pour s’accorder souvent dans la douleur, chaque parti joue l’intrigue sous-marin, le gouvernement marche au ralenti, mais cette seule liberté permet d’éviter la guerre civile car la liberté d’OP neutralise l’opposition officieuse car dans un état l’opposition est la plus grande peur des tyrans ou n’importe quel gouvernement ou parti unique. Dans le cas d’une Bastille il faut toujours garder une sévérité constante, la moindre mollesse permet aux opposants d’établir, d’affermir et de mener une guérilla destructrice. L’opposition officieuse, dans ses complots, fait alliance avec des voisins, de la conspiration des sociétés secrètes contre le monopole du pouvoir installé. C’est ainsi que la surveillance et l’espionnage interne est très développée, le pouvoir en place se défendra à tort ou à raison d’un totalitarisme éclairé et protecteur. Mais ce qui fait avancer la sécurité fait reculer la liberté.
La politique de la Bastille n’a que des inconvénients dans la mondialisation d’aujourd’hui car elle permet aux autres états concurrents et adversaires de jouer des partitions géostratégiques pour affaiblir la puissance de la Chine. Apporter toutes les formes de soutien : idéologique, financière, humanitaire, matériel, logistique, aux opposants politiques à l’intérieur ou extérieur de la Chine. On sait que ces aides ne permettront jamais de renverser le régime chinois mais un affaiblissement, une division, un mécontentement, ne serait-ce qu’au plan moral sont à chaque fois une petite victoire des adversaires de la Chine.
Il est possible en Chine de contourner l’obstacle d’opposition politique en intégrant le parti unique. Il est vrai qu’en intégrant le parti unique, le pouvoir d’opposition se perd, mais le parti unique dans ce régime à parti unique est beaucoup plus hétéroclite et disparate qu’un parti politique dans une démocratie. Le parti unique chinois n’est pas le même parti unique que la Corée du nord. Le grand nombre qui le compose crée naturellement des groupes où les idées politiques s’opposent. Le parti unique ressemble par ses divers courants politiques à un hémicycle d’un parlement démocratique puisqu’il est un rassemblement de plusieurs courants politiques différents. Le mot parti est remplacé par courant politique. En France il y a plusieurs partis de droite et de gauche, mais aux Etats-unis il n’y a que deux partis, un droite et un gauche car tous les partis de droite sont obligés d’adhérer à un seul droite, pareil pour la gauche. Ce qui fait qu’à l’intérieur de la droite le parti Républicain, il existe plusieurs courants, du modéré à l’extrême. De même pour la gauche. La Chine a bien un parlement, mais l’unique parti qui est présent contient autant de courants que les partis dans l’hémicycle de l’assemblée nationale ou le sénat en France. Le parti unique agit plus efficacement dans la contrainte, l’impératif d’un consensus. La force des divisions est neutralisée et limitée au parti unique, c’est-à-dire que les guerres intestines ne peuvent pas aboutir à la création d’un deuxième parti. L’avantage est d’éviter la scission, toujours dans l’unité. Ses lois issues de la technocratie sont soumises à des débats contradictoires, des commissions, des rapporteurs avant leur application, la recherche de qualité et sagesse des lois ne diffère pas d’un travail parlementaire occidental. La différence est que le parlement n’est pas élu par le peuple et les intérêts populaires sont défendus par les élites garantis par leur sagesse et des instances de contrôle. Cette pratique aristocratique du régime chinois veut dire que seul un médecin peut guérir un malade.
Il y a eu en France la gauche plurielle, il se pourrait qu’en Chine il y ait un parti pluriel. La théorie est vérifiable par des recherches plus poussées sur la composition du parlement chinois, l’affirmation de la dictature uniquement basée sur le parti unique pourrait être une construction, et la contestation de l’idée reçu qu’un gouvernement à parti unique ne peut être autre qu’une dictature. Il est vrai que le nazisme est une dictature à parti unique mais Sparte aussi n’avait qu’un parti sans être une dictature. La majorité des constitutions occidentales contiennent un article qui donne les pleins pouvoirs à un dictateur. Le paradoxe est que sans la dictature, une constitution républicaine et démocratique est incomplète contre les aléas de l’histoire. Accuser de dictature parce qu’un pays est gouverné par un seul parti est insuffisant car n’est vrai qu’à moitié.
L’important n’est pas parti unique ou plusieurs mais la sagesse du parlement et du gouvernement. Le problème réside dans la corruption d’un régime politique, le remède des occidentaux réside dans les institutions : neutralité des textes de loi, la démocratie : contrôle du peuple, et la république : la vertu. Alors qu’en Chine le seul remède à la corruption est l’aristocratie, donc la vertu des meilleurs, en un mot : la république.
Souvenir de Xi An. Petit déjeuner au tofu, je demande du tofu sucré, non pimenté, le vieux me sert pimenté, je lui dis pas pimenté mais sucré, il me dit qu’il fallait dire plus tôt, je lui dis que j’ai déjà dis deux fois, alors il repose le pimenté et sert un sucré, je lui dis qu’il faut plus de sucre, il me dit que c’est la même quantité pour tout le monde, je lui dis s’il n’ajoute pas de sucre je ne prend pas, tout de suite il sort de ses gongs, vient en face de moi, cherche à m’intimider, gueule fort sur le premier tofu gâché, un voyou qui fou le bordel ! un racaille ! un délinquant ! d’autres insultes pleuvent, mélange de dialecte et mandarin avec son accent local prononcé tout en giclant sa salive sur mes lunettes de sa mâchoire édentée, le peu de dents qui lui restent sont disposées d’une manière assez chaotique, jaunes, de différentes tailles, impossible d’éviter son haleine de viande pourrie, comme je l’ai près des yeux et du nez, on distingue sans effort une fermentation de sueur sur une espèce de serpillière qui lui sert de chemise, et ses cheveux huileux comme des frites. Quelques personnes commencent à regarder la scène, une personne à côté de moi me fait signe de laisser tomber, je réfléchis si je dois lui lâcher l’argent du tofu. Au bout d’un moment il me rajoute du sucre, inespéré je lui lache tout de suite ses quatre yuans. Je mets les bouchées double pour manger vite et quitter la scène. On s’est tous les deux sauvé la face.
Robert Van Gulik « La vie sexuelle dans la Chine ancienne ». A beaucoup de moment historique, le Japon a été le gardien de la mémoire de la Chine antique, ses arts, l’écriture, le chant, la mode, la danse, poésie, confucianisme, la peinture, le sexe…les changements de dynastie font que les pratiques et mœurs de la dynastie précédente sont censurées ou interdites mais comme la culture de la dynastie en déclin s’était diffusée au Japon ou d’autres proches voisins, sa suppression n’était jamais entérinée. Ainsi au commencement de la pratique des pieds bandés au neuvième siècle, l’art de la danse a peu à peu disparus mais les japonais admiratifs des danses chinoises se sont mises à pratiquer et ainsi est conservé la danse chinoise.
La pratique du baisé en Chine existe depuis l’antiquité d’après l’essai de Robert V. Gulik cité ci-dessus, mais cachée car elle se pratiquait dans l’intimité de l’acte sexuelle, on n’exposait pas le baisé en place publique comme on ne faisait pas l’acte sexuel en place publique. Se toucher la langue et échanger de la salive est considérée comme une pratique sexuelle. Dans le très populaire film occidental des années 90 Pretty Woman, qui peint la romance d’une prostitué et un homme d’affaires, la relation tarifiée par l’acte sexuelle est banale alors que la prostitué pose la condition de ne jamais embrasser son client. Le film est critique sur la banalisation de l’acte sexuel. C’est une condition idéaliste. Malgré qu’elle vend son corps, elle conserve une petite partie pure qu’est sa bouche, tout le reste peut être souillée. Le sexe est normalisé dans la société par l’achat d’un plaisir éphémère. Le film inverse la valeur qu’a la société sur le rapport au corps et au sexe. Dans la société réelle, embrasser est beaucoup plus facile que l’acte sexuel ; accorder un baisé est en soit un geste banal, l’acte sexuel est la finalité de l’amour. Alors que dans le film c’est le baisé avec la bouche qui est devenu la finalité de l’amour. L’acte sexuel est vulgarisé, banalisé car trop accessible, tandis que le baisé est sacralisé, le baisé est plus intime que l’acte sexuel, il devient le symbole de l’amour vrai, ce qui va encore plus loin que la pratique du baisé des chinois qui eux le range au même niveau que l’acte sexuel. Dans la société d’aujourd’hui, l’excès de liberté nous pousse à l’asservissement de la jouissance. Chacun peut jouir réellement ou artificiellement, par cette facilité, les relations sont presque exclusivement fondées sur le sexe. Cette prédominance fait qu’il n’y ait plus de place à l’amour.
La culture des pieds bandés en Chine a commencé depuis le Xe siècle jusqu’au début du XXe, une femme peut se laisser toucher par un faux contact les seins ou les fesses mais pas les pieds. Alors que l’obsession des pieds est une pratique pour une minorité de la population, sa démocratisation le rende encore plus tabou que la partie génitale.
Hypothèse : le qualificatif de couleur « jaune » pour désigner un chinois ne viendrait pas de la peau mais a pour même origine la désignation de « chinois » c’est-à-dire l’habitant du premier empereur qui a unifié la Chine dont le nom est Tchin du royaume de Tchin qui est devenu par la suite dans la transcription occidentale Chine ou China. La couleur jaune vient du mythique Empereur Jaune dont la prononciation en chinois Huang Di (Huang=jaune, Di=empereur) qui aurait régné entre 2697-2598 avant JC, souverain de la terre (couleur jaune), habillé tout en jaune, la couleur du soleil, de la lumière, de l’or, de la richesse. Par la suite cette appellation devenait comme un titre pour les empereurs qui le succèdent au même titre que l’appellation de César dans l’empire romain. Ce glissement de sens sur la couleur de peau est causé par une époque dominé par l’idéologie de race, toutes les distinctions physiologiques sont bonnes pour produire une hiérarchie et justifier une supériorité. Mais si on entrait dans la science pure et dure le blanc est constitué de toutes les couleurs.
La couleur jaune qui a tous les attributs de la grandeur aurait normalement rehaussé le prestige du qualificatif chinois, mais sa faiblesse à un moment historique c’est-à-dire la colonisation et domination par les occidentaux a enlevé le prestige de cette couleur pour entrer dans la catégorie péjorative. La couleur jaune, ou plus généralement une même couleur change de valeur selon les circonstances de l’histoire où elle a évolué. Cela veut dire que si les indiens d’Amérique désignés de peaux rouges avaient gagné contre les européens, le blanc aurait définitivement acquis le qualificatif d’homme pâle.
Les empereurs chinois prennent exprès des eunuques pour empêcher que leur pouvoir soit usurpé par ceux-ci, mais l’impossibilité d’avoir un héritier, la corruption, l’usure du pouvoir, la décadence dynastique n’a pas empêché dans l’histoire de la Chine que des eunuques prennent le pouvoir. La suppression de faire des héritiers, donc la castration n’empêche pas la prise de pouvoir. L’eunuque peut usurper le pouvoir mais il n’aura jamais de dynastie, ainsi la fin de son règne est toujours tumultueuse puisque sa succession n’est pas ordonnée par des lois et la concurrence des prétendants du palais est sanglante. L’eunuque représente le non-pouvoir car nous sommes à une époque où le pouvoir ne peut être pensé qu’avec la possibilité de succession héréditaire de descendant mâle, de ce fait la castration est une garantie. La castration diminue la volonté de puissance du eunuque par rapport au non eunuque. Puisque l’eunuque n’empêche pas l’usurpation, il est un symbole supplémentaire de soumission à l’empereur. D’après un médecin, les testicules ne produisent pas la totalité de testostérone chez l’homme mais la majorité, une minorité de testostérone est produite par d’autres organes, mais la castration supprime grandement la testostérone et donc la virilité, or en supprimant la virilité on supprime l’homme, l’eunuque n’est plus un homme mais un sexe intermédiaire entre l’homme et la femme. Une femme qui est considérée comme objet de reproduction peut aussi bien prendre le pouvoir car l’histoire de Chine a connu des impératrices.
Souvent dans les marchés en plein air ou couverts que j’aime parcourir aux heures perdues. Une boucherie tenue par une femme jeune et jolie, s’activant à couper de la viande, une activité contrastant avec sa beauté, il n’y a rien de cohérent dans la réalité, une femme coupant les carcasses des tableaux de Rambrendt, c’est une vie, un rayon de lumière dans ses natures mortes. Je n’ai jamais vu quelque chose de comparable en France et même dans tout l’occident, c’est toujours un homme typé Thénardier. En voilà une raison d’Adam Smith La richesse des nations : « le métier de boucher a quelque chose de cruel et de repoussant ; mais, dans la plupart des endroits, c’est le plus lucratif de presque tous les métiers ordinaires ».
Différences entre Asie du Sud-Est et Amérique Du Sud (ADS).
ADS est colonisé depuis de longue date par l’Europe, alors que l’Asie du sud-est un peu plus de deux siècles. Les autochtones américains sont moins développés que ceux d’Asie. L’ADS est colonisé par des pays faibles d’occidents Espagne, Portugal. Alors que l’Asie est colonisé par les forts Angleterre, France, Allemagne, Hollande. La raison d’une colonisation tardive se trouve peut-être dans la faiblesse des colonisateurs qui n’avaient pas encore fait sa révolution industrielle. La faiblesse de l’ADS fait qu’elle peut être conquise et colonisé sans révolution industrielle. Il est vrai que l’Espagne est déjà occupé par l’ADS mais n’est-ce pas aussi le réalisme de son insuccès contre les peuples d’Asie qu’il n’a pas tenté. L’angleterre est allé en Asie alors qu’il est déjà occupé avec l’amérique du nord parce que contrairement à l’Espagne son ambition est en rapport avec ses forces.
Une famille de Wenzhou. Le père né dans la campagne de Wenzhou dans les années 70 arrive en France à la fin des années 90, travail successivement dans des petits ateliers de couture et maroquinerie en clandestin à Paris et sa proche banlieue. En une dizaine d’années il fait venir sa femme et son fils, en une quinzaine d’années il obtient une carte de séjour, régularise sa situation et achète l’appartement loué. En une vingtaine d’années, à cause de la saturation des commerces chinois à Paris, la famille part ouvrir un commerce de gros de maroquinerie à Marseille en enmenant un enfant né à Paris. Une petite prospérité continue sur une dizaine d’années, achat de voiture, les murs du magasin, le logement du dessus, mais une prospérité ne dure jamais longtemps car elle attire la convoitise des autres chinois et la concurrence s’installe jusqu’à réduire ses profits et la stabilisation des affaires. Qu’importe les autres car le confort est déjà acquis. Les relations avec les deux fils sont mauvaises, leur réussite scolaire à chacun et la bonne intégration dans la société française crée un écart presque irréconciliable avec les mœurs et la cellule familiale chinoise en crise vol en éclat. Les parents voient de plus en plus leurs enfants s’éloigner comme des étrangers dans la rue. Les parents pensent aux intérêts particuliers, les fils aux intérêts généraux. Les parents ont l’opinion des préjugés, les fils la pensée cartésienne. Les parents ploutocrates, les fils républicains. Il y a une sorte de déception dans leurs héritiers parce que la perpétuation est purement biologique, les parents, chez les chinois en général, le prolongement génétique doit s’accompagner d’au moins une conservation partielle de la culture et des caractères. Cependant si les fils avaient très bien reproduit la culture et les caractères des parents mais non biologique est quelque chose de totalement inacceptable et impensable aux yeux des parents car la perpétuation biologique prime sur toutes les autres espèces de continuation culturelle et sociale.
Université de médecine de Wenzhou. Architecture occidentale mélangée avec une modernité sans extravagance, des jardins, un cour d’eau, des terrains de sport, parkings, une atmosphère austère, les étudiants ont figure d’adolescent. Un centre commercial fournit tous les besoins étudiants, même une crèche, je crois qu’ils peuvent passer une bonne moitié de leur vie. Il y a d’autres disciplines universitaires à proximité, ce qui compose un ensemble d’enseignement qui couvrent un terrain immense où seul son implantation au fin fond d’une campagne naguère vide transformée en cité universitaire avec toutes les infrastructures lui insufflant la dynamique économique possible. Seul lieu où on peut voir quelques étrangers, une communauté d’étudiants d’Afrique noir, ils vivent comme les chinois à l’étranger, regroupés entre eux.
La thèse de Tocqueville « L’ancien régime et la révolution » pourrait s’appliquer à la Chine, le Parti Communiste Chinois est construit sur les fondations et avec les ruines de son ancien régime l’empire, et la puissance de son ancien régime est rappelé par le renouvellement et l’amplification de sa puissance centrale. Tous les ingrédients de l’ancien régime sont consolidés et vivifiés, l’aristocratie et la ploutocratie forment un gouvernement oligarchique. Révolution qui veut dire, retour à un moment du passé, prend véritablement son sens, ce n’est pas le nouveau, sans déroger aux lois de la nature « Rien ne se crée, tout se transforme », en un mot ce n’est pas une naissance mais une renaissance. D’après les politistes tout porte à croire que la transition est dans sa phase prénapoléonienne.
Le développement économique en Chine est une rédemption du massacre de Tian An Men de Deng Xiao Ping. Le gouvernement par sa puissance et les pouvoirs qui lui sont conférés ne peut pas s’incliner, car s’incliner est perdre le prestige de sa fonction et son autorité, son problème n’est pas de reconnaître un tort, une erreur devant le peuple, le problème est la peur de l’affaiblissement du gouvernement alors même qu’il est issu du parti unique, car à la moindre faiblesse beaucoup de concurrents politiques n’hésiteront pas à l’écarter, l’ostraciser pour prendre sa place. Le gouvernement est contraint à être fort. Le jeu politique à l’intérieur d’un régime autoritaire et à parti unique est sans doute plus sévère qu’une démocratie occidentale. Il est vrai que reconnaître une erreur est une façon d’améliorer une direction politique, le problème est plus d’ordre politique que la défense de l’intérêt général, car à ce niveau de pouvoir suprême l’erreur n’est pas permise, depuis Mao les gouvernants ne rectifient pas l’erreur et comptent se faire pardonner par une meilleure politique future, Deng Xiaoping sait que le massacre du 4 juin de la place Tian An Men est une erreur et a su se faire pardonner par ses réformes d’ouverture, la croissance économique, le développement, l’amélioration du niveau de vie et d’autres bienfaits. Ainsi pour la majorité des chinois mais aussi une grande partie des occidentaux Deng n’est pas le criminel de la place TAM mais le politicien qui a modernisé la Chine tel l’empereur Meiji au Japon.
Le jeu politique d’un régime autoritaire comme la Chine est beaucoup plus sévère qu’un régime démocratique occidental où les mœurs, les lois, les institutions, la morale contribuent quand même à un peu plus de mesure.
L’implantation de la démocratie locale est un régulateur contre la corruption de l’économie de marché, de l’administration, l’individualisme est tenu en bride par la démocratie. Il y a au départ beaucoup de corruptions et d’abus des élus et des élections mais les contrôles, les sanctions et l’expérience des responsabilités ont porté leur fruit. C’est une démocratie où le pouvoir est limité au niveau communale, les intérêts de ses habitants sont mêlés avec les intérêts communaux par le jeu démocratique. Cette démocratie n’est pas vraiment une démocratie mais ressemble plus à une institution de contrôle locale sur l’administration étatique implantée localement, c’est en sorte un contre-pouvoir sur les abus et corruptions de l’administration officielle. Ses élus n’ont pas le pouvoir de s’opposer aux initiatives et actions des administrateurs mais les accuser dans son bon déroulement, ses mises en œuvre, et parfois la possibilité d’amendement. Les petits pouvoirs qui lui sont octroyés ressemblent plus à de la rémunération qu’un vrai pouvoir de direction que ceux qui sont nommés dans la province par le pouvoir centrale. En sorte le pouvoir de l’élu est faible, celui du nommé est grand. Le pouvoir de l’élu local ressemble à celui du tribun à Rome. Et comme son pouvoir est petit, le pouvoir centrale peut sans craindre desserrer le ressort de son indépendance. Cette indépendance permet d’accuser sans crainte les abus et corruption du pouvoir nommé.
« Vivre pour la vérité » édité par Gallimard, la critique du prix nobel de la paix Liu Xiaobo sur la dévolution de Hong Kong par la Chine est juste mais emporté par son humanisme passionnel, qui est tout à fait louable, il oublie de prendre du recule et d’avoir une vision sur la scène internationale du point de vue géopolitique, géostratégique. Son combat est égoïste car il ne pense qu’à Sa nation, qu’aux intérêts littéraires, lui qui a vécu presque exclusivement en Chine ne connaît pas tout l’étendue d’un régime démocratique.
L’occident qui critique la Chine sur son gouvernement dictatorial et son inhumanisme a des arrières pensées de division entre démocrates et oligarques pour affaiblir sa puissance, ses volontés impérialistes et hégémoniques. On ne peut pas ne pas imaginer une instrumentalisation du combat et de l’engagement de Liu Xiaobo au moins partiellement. Le prix nobel de la paix récompense la passion de toute une vie qui porte des valeurs universelles et en dehors de tout partisanerie politique. Ce sont les dirigeants politiques occidentaux qui ont pris cet événement comme une opportunité qui s’est offerte à eux pour affaiblir la Chine en encourageant la discorde. Les occidentaux font un peu d’humanisme pour beaucoup de cynisme parce qu’ils affaiblissent la Chine par des arguments humanistes afin de conserver sa place de persécuteur dans le monde, l’occident est un petit territoire qui a les trois quarts de la richesse mondiale, il parle d’humanisme mais fait tout le contraire. C’est vrai que s’il ne le faisait pas qui le ferait ? Il faut quand même reconnaître son mérite à faire de l’humanisme. Mais en donnant des leçons d’humanité alors qu’il est lui, le plus grand exploiteur, c’est son crédit qui s’effrite. Il est vrai que comparaît à la Chine il vaut mieux choisir l’occident, mais la Chine qui concentre un cinquième de la population mondiale a plus de légitimité de posséder une partie de la richesse mondiale…cette querelle est sans fin.
La différence entre les gouvernants chinois et ceux d’occidents, c’est qu’au lieu de se faire trainé dans la boue par le peuple, ils préfèrent être traînés par ses pairs, il y a une question de face et d’honneur ; comme en occident où le duel existait encore, seules les personnes du même rang pouvaient se défier.
Mais imaginons que les souhaits politiques de Liu se réalisaient en Chine, il y aura pour un peu plus de citoyens chinois un peu plus de justice, de liberté, d’égalité, et beaucoup d’espoirs déchus, parce que la démocratie en Amérique ; ce sont les illusions perdues. Le monde n’aura pas changé pour autant, la Chine aura pris la place de l’impérialisme américain, il y aura toujours la même situation entre Israel et la Palestine. Le persécuteur n’aura pas disparus.
Liu est mort par la persécution communiste, mais que croyez-vous qu’il se serait passé si sa démocratie se serait réalisée, Liu aurait été trop lucide pour ne pas découvrir la duperie démocratique, ses usurpateurs, il serait tombé de sa montagne d’or, trahit par l’idéal, trompé dans ses fondements, il aurait vécu dans une longue désillusion, il serait l’écrivain honoré des démocrates comme Pa Kin celui des communistes, ce serait « Liu Xiaobo un drapeau blanc en berne » centenaire et légume végétatif laissé à l’abandon par la république des pauvres.
En communisme la vérité est censurée mais en démocratie on est inondé de vérité à ne plus rien croire du tout ; le néant est semblable aux conspirationnisme, complotisme, négationnisme.
Liu Xaiobo critique le revers des médailles d’or des jeux de Pékin. L’un des critiques portait sur la fabrique des sportifs par l’état, même si la médaille d’or donne au sportif gloire, notoriété, richesse, prestige, il y a un grand sacrifice dès l’enfance, ils sont sélectionnés dès six ans, séparés de leur famille, passent leur vie à l’entraînement car ils sont programmés pour gagner, pas de vie privée, pas d’enfant à leur tour sauf s’ils quittaient le sport. Le problème de l’œil des plongeurs car à force d’entraînement la rétine se détériore. Mais ce n’est pas un cas particulier du régime chinois ; la blessure fait partie du sport de haut niveau, il n’est pas dans l’intérêt du ministère du sport de sacrifier la santé d’un sportif car incompatible avec l’objectif de médaille. Par contre il y aura toujours des séquelles à la vieillesse, les boxeurs américains, les rugbymans, les altérophiles, ce ne sont pas les chinois mais le haut niveau du sport qui détruit le corps dans ses dépassements. Il n’y a pas besoin d’intervention d’un programme d’état pour un dopage massif dans le cyclisme et les autres sports en occident. En dehors de la Chine tous les sportifs de niveau international font des sacrifices énormes, pas de loisirs, même s’il y a mariage, pas de temps consacré au partenaire, pareil quand il y a des enfants, cela ne rend que plus malheureux et frustré quand ils y viennent à se comparer aux gens normaux. Si on prenait le cas de Michael Jackson, l’état n’est jamais intervenu, c’est sa famille et lui-même qui a décidé de sacrifier sa vie pour la musique. Que ce soit en Chine ou en occident les sacrifices des sportifs sont volontaires. Ce ne sont pas des sacrifices arbitraires de la part des autorités, c’est un choix concerté avec la famille et le sportif. Peu de gens abandonnerait une occasion de gloire tout en sachant le prix à payer. Liu lui-même est entraîné par la passion comparable à celle d’un sportif, les oppressions et privations qu’il endure ne peuvent pas l’en détourner. Il préfère mourir fauché par une glorieuse passion que de vivre une longue vie dans l’inconnue, l’ennui, la paresse, le vide, il ne veut pas ressembler au commun des mortels c’est Achille qu’il veut être.
Les États-unis concentrent le plus de dissidents politiques chinois pro-démocratie ensuite l’Union Européenne. Les exilés qui vivent dans les démocraties occidentaux, on dirait que vivre enfin dans une démocratie est leur dernière préoccupation, leurs pensées sont focalisées sur le pays natal. D’une manière leur art n’est plus libre car en trouvant la liberté dans l’exile, ils sont contraints de politiser leur art pour conserver l’exile. Contraint à être libre n’est plus une liberté. Leur indépendance artistique en occident est ambiguë, ambivalente. D’autres à cause du long exile, leur vitalité se perd, la distance et le temps édulcorent, dissipent leur combativité. L’absence du danger immédiat ne leur met plus en alarme. Ils vivent presque dans l’anonymat de la vie occidentale, leur production artistique moindre et médiocre. Ces intellectuels sont utilisés comme des think tank du jeu géostratégique. L’accueil de dissident politique est pour un dirigeant politique occidental un investissement politique, le dissident critique rarement son pays d’accueil donc la démocratie car il a une dette, une reconnaissance qui lui fait obstacle moral, éthique, comme la pudeur de s’attaquer à un parent adoptif.
Situation insolite, un groupe de touristes occidentaux pris peur lorsqu’un grand vacarme retentit à côté d’eux, puis regardent tout autour cherchant l’origine, ils se rendent à l’évidence que c’était juste un chinois qui vient d’éternuer à côté et s’esclaffe de rire.
Les occidentaux qui veulent faire avancer les droits de l’homme, combattre la corruption, moraliser la vie politique en Chine savent qu’ils doivent faire avec le moins de zèle car si elle devenait une vraie république ce serait comme après la révolution française Napoléon et l’hégémonie de son empire. On parle déjà d’empire chinois mais si ces assainissement se concrétisaient, les vertus de la république prenaient le pas sur les vices et corruptions, l’empire ne serait plus des paroles en l’air des commentateurs experts mais se réaliseraient dans les faits. En critiquant son régime pour les diviser, trop en faire c’est aussi prendre le risque de le consolider.
La thèse de Thucydide dans La guerre du Péloponnése affirme la primauté de l’affinité du régime politique sur tout le reste dans une alliance. Ceci pourrait expliquer que Taïwan ou Hong Kong préfère une alliance avec l’occident qu’avec la Chine car ils ont pour point commun la démocratie. Alors même que Taïwan et Hong Kong ont plus d’affinité avec la Chine presque à tous les points de vue dans tous les autres domaines : histoire, langue, physiquement, divertissement, culture, nourriture, écriture, art…il est évident qu’ils ne font qu’un mais ont été divisés dans un instant infime de leur histoire et tout a basculé. Mais scénario uchronique, si Mao avait perdu contre Chang Kai Chek, le modèle actuel de Taïwan serait transposé à la Chine actuelle, le problème de l’intégration de Taïwan ne se poserait pas, Hong Kong aurait peut-être moins de velléités de réintégration. Et sa suprématie aurait été plus proche. Quand on a la suprématie, la tentation hégémonique est difficilement refoulable.