Dogville, Lars Von Trier. L’âme humaine, la morale du gangster et l’essai de rédemption de la fille héritière Grace. Dogsville se traduit par « ville de chien » car ses habitants sont gentils et inoffensifs tel des chiens domestique, mais tous chiens domestiques sont à l’origine des loups. Grace porte le nom de l’innocence trompée. La fin révèle tout, le père gangster retourne l’accusation de sa fille contre elle : son humilité est de l’arrogance. Son père l’accuse de connaître l’âme humaine plus que lui, c’est cette arrogance inversé qu’elle a subie dans le village. En faisant le bien autour d’elle, elle est sûre que ce bien sera partagée et diffusée dans Dogville. Son idéal fonctionne au début, mais ce n’est qu’une apparence, la couche superficielle de l’âme humaine, sur le long terme chacun se révèle par sa corruption, ses vices, aussi bien chez les hommes, femmes, enfants, vieillards, malades, handicapés, sans distinction de couleur de peau, de classe sociale. En voulant intégrer par des actes bons, elle finit par être dévorée par la méchanceté de chacun. Mais je pense que l’accueil de départ est sincère, le village obéit aux injonctions de l’état représenté par l’affiche de recherche. Le premier affiche est une affiche neutre qui porte seulement sur la recherche d’une personne disparue. C’est la deuxième affiche qui déclenche le changement de mentalité, sème le doute et le trouble car l’avis de recherche a un motif : le vol, et une récompense, un appât du gain. Détérioration des relations progressivement, il y a comme une justification, légitimation des cruautés contre Grace pour le motif qu’elle est hors-la-loi. Les villageois demande compensation de sa protection contre l’état, la compensation dérape en abus. Or l’état qui a posé les affiches est corrompu par le père gangster, comme les villageois obéissent à l’affiche, obéissent en vérité au gangster, on peut dire que c’est le gangster père qui a provoqué la corruption des villageois, dans le but de retrouver sa fille et la faire héritière de son pouvoir. Il y a une ambiguïté de l’état gangster, l’arbitraire du pouvoir de l’état le place dans une pratique du pouvoir gangstériste.
Absence de représentant religieux, mais substitué par une personne intellectuelle et morale. Le narrateur dit que Martha remplace le pasteur qui n’arrivera jamais. Mais cette figure intellectuelle pour apporter la morale aux villageois se révèle plus machiavélique qu’un religieux corrompu, il est supérieur dans la pratique du mal comparé aux villageois, car sa pratique du mal porte l’habit du bien. Grace est trompée et trahie de la pire des manières jusqu’à la fin, c’est la raison pour laquelle elle décide de l’exécuter elle-même d’une balle dans la nuque à bout portant.
La mise en scène théâtre n’a qu’un but : adoucir le massacre, le déluge de feu final. Elle épargne uniquement le chien qui lui, n’a jamais fait de mal, comparé à l’homme, c’est en fait le chien son idéal. Humaine elle est emportée par la tristesse comme par la colère. Elle n’est peut-être pas solide dans la conviction du bien puisqu’elle a changé d’avis. Contrairement au Christ elle n’a pas pardonné jusqu’au bout. Le pardon chez elle n’est pas illimité.